PARCOURS

 


" Ligne 7 " scelle l'association de trois architectes : Serge Constantinoff, le senior, personnage fougueux, qui manie avec égale dextérité les mathématiques et la musique ; Bernard Ritaly, le cadet, personnage posé, mais qui a appris la combativité en pratiquant le sport de haut niveau ; Dominique Lardeau, le benjamin, personnage méthodique qui a découvert la modération auprès des Japonais.

Trois personnages aux caractères au combien différents et qui pourtant, animés in fine par la même et puissante passion de l'architecture ont su développer une incroyable synergie.
C'est de concert qu'ils se penchent sur les concours et mènent la réflexion. C'est à six mains qu'ils dessinent leurs projets. Des projets toujours justes car enrichis par leur capacité d'écoute mutuelle, leur volonté de poursuivre toujours plus loin leurs dialogues féconds.
Capacité et volonté qu'ils ne limitent pas à leurs relations tripartites et qu'ils se plaisent encore à soutenir avec tous leurs partenaires de l'acte de bâtir - leurs complices de la maîtrise d'œuvre (bureaux d'études, acousticiens, paysagistes…) d'abord, les maîtres d'ouvrages ensuite, et les entrepreneurs enfin.

Et s'ils se partagent les projets dès lors que le concours est gagné, le partage tient compte de leur personnalité respective, pour que celle-ci s'accorde au mieux avec celles de leurs interlocuteurs, pour que le dialogue jamais ne risque de s'interrompre et ceci tout au long des études comme du chantier.
Pour se convaincre de la pertinence de leur " partage ", il suffit d'assister à une réunion de chantier, quel que soit le compère qui la conduit. Hommes de l'art ou de chantier, tous parlent le même langage, tous ont plaisir à se réunir, tous concourent à atteindre le même objectif, celui de livrer un bâtiment de très grande qualité.

Bernard Ritaly & Serge Constantinoff, en 1987 (photo : C. Schmitt).

Dominique Lardeau

De ces rapports humains d'une rare intensité, et qu'ils entretiennent avec opiniâtreté, découlent une architecture toujours conforme aux attentes des maîtres d'ouvrages et utilisateurs, mais une architecture qui se défend aussi de tout compromis. La qualité architecturale escomptée dès l'origine est maintenue sans concession tout au long de la réalisation.
Une architecture qui se défend encore d'appartenir à une école stylistique, puisqu'elle est avant tout contextuelle et que si elle répond aux usages, elle respecte aussi son environnement urbain, culturel, géopolitique, économique… sans pour autant s'enfermer dans une image " néorégionaliste ", sans pour autant se conformer à un certain " pastiche " ambiant ni même, quand ils sont amenés à construire en Ile de France, à un certain " parisianisme bon ton ".
En cela réside sans doute l'essentiel de leur talent de concepteur, particulièrement apprécié par leurs maîtres d'ouvrage de Cognac, de l'Aven d'Orgnac, d'Orléans, de Publier, d'Albertville ou de Paris, Montreuil, Argenteuil…
Un essentiel encore enrichi par leur capacité à aborder tous les programmes - des plus ardus comme le logement social ou l'hospitalier, aux plus ludiques comme les centres sportifs ou équipements culturels…
Ligne 7 s'est ainsi, au fil de ses réalisations, affirmée comme une équipe polyvalente qui cultive les différences mais qui est irréversiblement unie par l'écoute et le partage.

Pascale Blin, journaliste, juillet 2003